1665-1789
De la Manufacture à l’industrie
En Octobre 1665, des lettres patentes signées de Louis XIV créent officiellement à Paris la Manufacture des Glaces de miroirs, parmi 25 autres mises sur pied la même année.
La Manufacture royale des Glaces
Dans le cadre d'une politique économique dressée par le ministre Jean-Baptiste Colbert, cette initiative visait à attaquer la suprématie européenne acquise par Venise sur le marché des Glaces. Dotée par privilège de divers avantages fiscaux ou commerciaux, la Manufacture bénéficie d'un monopole temporaire renouvelable, pour lui permettre de développer ses fabrications et de répondre à la vogue des miroirs chez les particuliers et aux besoins de l'administration des Bâtiments du Roi. Cette protection est censée rassurer les actionnaires de l'affaire, qui sont privés. Il faudra cependant en passer par cinq avatars juridiques successifs, de 1665 à 1702, pour la stabiliser. En 1684 intervient une commande prestigieuse et symbolique, celle des 357 glaces de la galerie du même nom à Versailles.
Invention de la coulée en table
La conquête du marché européen va se faire à partir du début du XVIIIe siècle, grâce à une inventioninterne capitale, celle de la coulée en table des grandes glaces, qui va supplanter peu à peu le procédé de soufflage à la bouche et détrôner les fabrications vénitiennes. Sur fond d'une vigoureuse demande du marché du bâtiment et du second œuvre en particulier, le chiffre d'affaires de la manufacture reflète son monopole technique sur les marchés européens et quadruple ainsi de 1720 à 1786. L'entreprise est, en France, jusqu'aux années 1780, la première en termes de capitalisation. Encore seul producteur de glace coulée au monde elle voit culminer son pic d'activités à la veille de la Révolution française.

