Cobot : mon collègue est un robot

A l’horizon 2030, les hommes et les robots travailleront main dans la main, sans que l’un ne remplace l’autre… Loin d’être une fiction, la cobotique s’installe progressivement dans notre quotidien pour améliorer notre productivité et optimiser notre travail. Mais qui sont réellement les cobots ?
  • Quand les cobots dessinent l’usine du futur

Le cobot, nouvel équipier de l’année ? C’est en tout cas une tendance de fond, notamment dans le secteur industriel. Cette nouvelle collaboration entre l’homme et la machine a des conséquences majeures sur l’organisation du travail et sur la place du cobot au sein des équipes.

Dans la famille robot, je voudrais le « cobot ». Comprenez « robot collaboratif », à ne pas confondre avec son lointain cousin, le robot autonome.

Cobot, ça ne vous dit vraiment rien ? Pourtant la tendance cobot est à l’œuvre depuis une dizaine d’années et s’est installée à bas bruit dans nos sphères privées et professionnelles. Le GPS de votre voiture, par exemple, est considéré comme le petit cobot qui a supplanté la carte routière. De même, des applications smartphone pour améliorer votre productivité ou planifier votre travail constituent une forme simple de cobots.

Véritables assistants personnels, les cobots sont donc d’abord des outils de travail et d’assistance qui ont pour mission d’optimiser la qualité, d’améliorer la productivité ou de renforcer la sécurité. Y compris en usine.

Collègues d’un nouveau genre

Aujourd’hui, ces « robots collaboratifs » essaiment dans le monde de l’industrie, du pétrole ou des sciences appliquées. Et d’ici une demi-décennie, ils seront même amenés à cohabiter avec la majorité des salariés d’une entreprise. Un collègue comme cobot ? C’est fort probable, et c’est pour bientôt. Selon le nouveau rapport « World Robotics 2020 Industrial robots », 2,7 millions de robots industriels « travaillent » aujourd’hui dans des usines du monde entier. Parmi eux, les cobots ont vu leurs installations grimper de 11 %. Si le marché n’en est qu’à ses débuts, il n’en demeure pas moins séduisant pour le secteur industriel qui voit dans ces « collègues » d’un nouveau genre, un gain de sécurité. C’est le cas par exemple dans le nucléaire, où les cobots manipulent des substances hautement toxiques à la place des opérateurs.

A la place des humains ? Oui mais seulement pour les tâches répétitives, chronophages et à faible valeur ajoutée

Ainsi donc, le cobot vient prêter main forte aux équipes et les assiste dans les tâches les plus pénibles. Manipulation d’objets lourds, répétition de gestes, prélèvements d’échantillons… Le projet Slimwool des usines Saint-Gobain s’inscrit dans cette collaboration homme-robot. Mis en service en février 2020 à l’usine de Lucens (Suisse), cet employé modèle prélève des échantillons de laine de verre à intervalle régulier pour en mesurer les performances. « Notre cobot rationalise le travail des opérateurs et permet d’augmenter les mesures et les prélèvements, en particulier la nuit, » analyse François Decrocq, en charge du projet.

Grâce à ce nouvel équipier, chacun se recentre sur son cœur de métier ou sur des tâches à forte valeur ajoutée. Pour arriver à cette prouesse, il a fallu « éduquer » le cobot à manipuler l’échantillon en fonction de son poids et de sa densité, afin d’en préserver son intégrité. En bon élève, le cobot a également « appris » à se déplacer dans un périmètre défini.

Mutualiser le travail homme-machine ?

Discret et compétent, le petit cobot accroît donc la productivité en usine et vient décharger les équipes de missions peu valorisantes. Selon la pénibilité des tâches à effectuer, les cobots peuvent également participer à la réduction des accidents du travail, voire prévenir l’apparition de troubles musculo-squelettiques. C’est le rôle de ces fameux exosquelettes, qui prolongent littéralement le corps de l’opérateur et viennent amplifier l’effort humain ou optimiser le geste.

En ce sens, le cobot marque un vrai tournant technologique, en mutualisant le travail homme-machine.

Il invite également à repenser la place de l’humain au sein de l’organisation. Sa place, mais aussi son travail et l’intérêt qu’il y porte. L’opérateur garde-t-il la maîtrise de son cœur de métier ? Le cobot redonne-t-il du sens au travail ? Permet-il de s’affranchir d’une tâche particulièrement ingrate ?



Les questions sont nombreuses, et les managers devront soupeser le pour et les contre pour encourager leurs équipes à s’emparer de cette technologie. Le mieux étant de les associer à cette conduite du changement, afin d’évaluer avec eux à quel moment le cobot devient pertinent.

Avec en tête une certitude : s’il soulage l’humain, s’il l’accompagne, s’il peut prévenir les dangers et ne craint pas la fatigue… le cobot ne saurait le remplacer.

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