HOME : Dans un habitat rénové, pour tous

Mieux habiter le monde, cela signifie aussi rénover l'habitat existant pour le rendre moins consommateur de ressources, plus économe en énergie, plus confortable et plus résistant au changement climatique. Institutions, politiques et entreprises – notamment celles du secteur – ont un rôle prépondérant à jouer pour imaginer cette transition, définir et appliquer de nouvelles règlementations et mettre en œuvre les solutions qui permettront de réduire significativement les dépenses énergétiques. Rencontre avec quelques-uns de ces acteurs.

DE QUOI PARLE-T-ON ?

« Accélérer le rythme de la rénovation est un outil clé de l’efficacité energétique. »



« Pour les pays de l’Union Européenne, l’efficacité énergétique est plus que jamais un enjeu majeur : elle permet à la fois de réduire la précarité énergétique, d’améliorer la santé et le bien-être des habitants, et de contribuer significativement à la réduction des émissions de CO². C’est pourquoi EuroACE, créée en 1998 par de grandes entreprises du secteur des technologies écoénergétiques, collabore avec les institutions européennes pour aider les États membres à mettre en œuvre une politique d’efficacité énergétique des bâtiments. Or, dans ce domaine, en 2011, les directives européennes concernaient uniquement le parc immobilier neuf, alors même que les bâtiments existants étaient les plus consommateurs d’énergie. EuroAce a donc choisi de lancer la campagne politique « Renovate Europe », soutenue par plus de 45 organisations (issues de l'industrie et de la société civile) et 17 partenaires nationaux. Son objectif : réduire de 80 % la demande en énergie de l’ensemble du parc immobilier de l'UE, afin d'atteindre la norme « presque zéro énergie des bâtiments » (nZEB) d'ici 2050, grâce à une législation et à des programmes de rénovation ambitieux. En effet, à ce jour, le taux de rénovation du parc n’est que de 1 % par an, dont seulement 12 à 14 % sont des rénovations motivées par un souci de réduire la consommation énergétique, il paraît donc très urgent d’accélérer ce rythme.






Cette campagne a déjà porté ses fruits : chaque État membre doit désormais soumettre une stratégie nationale de rénovation à long terme pour la transformation de son parc immobilier d'ici 2050, avec des jalons en 2030 et 2040. Pour le moment, l’application nationale de cette politique européenne est assez lente, puisque seuls 13 pays ont déjà préparé leurs stratégies, mais nous allons dans le bon sens. 

Il y a quelques jours, la Commission européenne a lancé « Renovation Wave », une stratégie qui vise à doubler, au moins, les taux annuels de rénovation énergétique au cours des dix prochaines années. Au même moment, Ursula Von Der Leyen (Présidente de la Commission européenne) a publiquement appelé à un nouveau Bauhaus européen - un espace de co-création où architectes, artistes, étudiants, ingénieurs, designers travailleraient ensemble pour parvenir à cet objectif. C’est un message fort, car c’est également ensemble que tous les acteurs du secteur de la construction ont une opportunité d’agir concrètement et massivement pour bâtir un habitat plus durable pour nos enfants ». 





La rénovation énergétique s’impose donc comme une solution clé pour un habitat durable. Comment cela change-t-il la stratégie et les marchés des grands du secteur de la construction ? Comment peuvent-ils, à leur tour, jouer un rôle de précurseur et de prescripteur ?



ET DEMAIN ?

« Nous développons et expérimentons des matériaux intégrant de nouvelles exigences de performance environnementale. »

À quels enjeux la rénovation énergétique permet-elle de répondre ? 

« Sur le plan environnemental, elle permet de réduire la consommation d’un bâtiment existant en l’isolant mieux et ainsi, d’abaisser sa consommation d’énergie et les émissions de carbone qui y sont liées. Rénover, plutôt que construire, c’est aussi réduire l’artificialisation des sols et veiller à un meilleur équilibre des écosystèmes urbains. Ensuite, c’est un secteur créateur de valeur, qui en se développant, devient un important créateur d’emploi local. Enfin, la rénovation énergétique est un vecteur de bien-être physique pour les occupants des bâtiments et elle concourt, à différents niveaux, à réduire la précarité énergétique et créer du pouvoir d’achat. 

 

Quels impacts cela a-t-il sur la stratégie de Saint-Gobain ?

Saint-Gobain crée et distribue aussi bien des isolants (en laine de verre ou en bois) que du vitrage, des façades et des pompes à chaleur à basse consommation. Cette diversité de métiers et d’expertises nous permet d’avoir une vision globale du marché de la rénovation énergétique. Désormais, nous combinons ces solutions pour proposer des offres intégrées qui répondent à des enjeux spécifiques, pour les écoles ou les hôpitaux par exemple. En termes de R&D et d’innovation, nous développons et expérimentons des matériaux intégrant de nouvelles exigences de performance environnementale, qu’il s’agisse de matériaux à faible teneur en carbone, largement composés de déchets recyclés ou biosourcés (fibre de bois, liège). Nous menons également des études destinées à étayer et mesurer la performance de ces nouvelles solutions.





Comment le Groupe peut-il avoir un rôle de prescripteur auprès de ses partenaires et de ses clients ? 

Nous considérons qu’en matière de rénovation énergétique, il est de notre devoir d’ouvrir la voie. Nous menons donc des actions pour expliquer et promouvoir ces nouvelles solutions auprès de nos partenaires, comme les architectes ou les bureaux d’étude. Nous accompagnons la montée en compétence de la filière : nos enseignes Point.P vont lancer un plan de formation de 10 000 artisans en 2 ans. Notre programme La Maison Saint-Gobain présente les nouvelles tendances, le type de travaux éligibles et les artisans qualifiés dans ce domaine. En interne, nous avons lancé une initiative de bénévolat de compétences de nos salariés, qui permettra le financement de 1 000 projets de rénovation énergétique en France. Toutes ces actions sont guidées par une conviction forte : « faire du monde une maison commune plus belle et plus durable », cela commence par développer des matériaux qui rendent nos maisons et nos bureaux plus sains, plus confortables et plus économes en ressources ».



Sur le terrain, les projets de rénovation énergétique présentent, à chaque étape, des enjeux multiples pour adapter et améliorer des bâtiments anciens afin qu’ils répondent aux normes de constructions contemporaines. Au cœur de cette démarche, les architectes, qui développent de nouvelles stratégies.



ILS L'ONT FAIT

« Premier immeuble commercial basé sur l’énergie positive au Brésil, RB12 faisait figure de projet précurseur en matière de rénovation énergétique. » 

Quelle fut la genèse de ce projet ? 

« Le RB12 est un immeuble de bureaux dans le Rio Branco à Rio de Janeiro. Pour innover, toutes les conditions étaient réunies : les investisseurs avaient l’œil sur le Brésil, Rio de Janeiro était une ville désirable et le quartier du Porto Maravilha, tout proche, entrait dans une nouvelle dynamique. L’enjeu - en concertation avec Natekko, un constructeur d’immobilier durable - était de donner une seconde vie à ce bâtiment en mettant en œuvre un processus de rénovation écologique, qui consistait à adapter et améliorer des bâtiments anciens, afin que ceux-ci répondent aux exigences de construction durable actuelles. Il s’agissait de travailler les enveloppes et les systèmes (c’est-à-dire la production et la dépense d’énergie) en poussant les curseurs vers une consommation énergétique basse. 



Quelles ont été les solutions appliquées à l’enveloppe pour opérer cette rénovation ? 

Vertical, étroit, et construit dans les années 60, le bâtiment ne tenait pas compte des nouvelles contraintes de construction. Il fallait donc opérer une rénovation en apportant des solutions innovantes. Avec le bureau d’étude Front NYC, nous avons donc conçu une nouvelle enveloppe protectrice. Le cahier des charges était de maîtriser les effets de contre-jour pour travailler avec des vitrages clairs sur une façade exposée. Paradoxalement, la forte incidence solaire à Rio rend les bâtiments assez sombres, et il y est rare de travailler sans allumer la lumière. RB12 présente donc une façade bioclimatique composée d’un jeu de vitres qui réfracte la lumière. Pour la dessiner, nous avons fait une étude des masques et des niveaux d’ensoleillement, selon les heures, des immeubles alentours, et dessiné un système de brises soleil adapté. Grâce à ces réfléchissants qui renvoient la lumière, la chaleur est rejetée, ce qui permet une consommation d’énergie électrique abaissée. 



Comment l’énergie passive contribue-t-elle à cette réduction de la dépense énergétique ?  

Grâce à des panneaux photovoltaïques installés sur la façade latérale, RB12 produit suffisamment d’énergie pour assurer son propre fonctionnement quotidien. Ce bâtiment a 5 ans et il constituait une innovation énergétique majeure pour le Brésil. Nous avons travaillé sur de nombreux projets similaires entre-temps. Aujourd’hui les architectes – et plus largement tout le secteur de la construction – ont commencé à intégrer la réduction de la dépense carbone liée à nos activités comme un nouvel enjeu qui va faire bouger les lignes. Cela demandera de nouvelles solutions, de nouveaux arbitrages concernant la façon dont nous concevons et construisons les projets architecturaux.





La construction durable doit concilier deux approches majeures : une re-conception, et l’utilisation préférentielle de matériaux spécialement conçus pour être plus résilients, plus résistants, plus confortables et plus économes en ressources.





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