J’habite un quartier circulaire

Alors que l’on parle de construction durable, des expérimentations se réalisent : de véritables « quartiers circulaires » qui confrontent les rêves des concepteurs aux affres et miracles de la réalité. Regards deux quartiers de Copenhague (Danemark) et Amsterdam (Pays-Bas) qui donnent à voir l’urbanisation de demain.
  • Zoom sur « les living labs»

Les villes consomment plus des deux tiers de l’énergie mondiale et représentent plus de 70 % des émissions mondiales de CO2. Mais nous pouvons changer les choses et transformer, quartier après quartier, les centres urbains en des espaces durables où vivre, travailler, consommer et interagir avec les autres.

La construction circulaire cherche à concilier tous les aspects du développement : aussi bien les cellules photovoltaïques et les centrales de chauffage que la gestion des déchets et de l’eau. La mise en place d’un tel concept à grande échelle et dans un milieu urbain s’avère toutefois difficile.

À 5 minutes de tout

La construction durable a justement été au cœur du réaménagement total du quartier de Nordhavn, à Copenhague (Danemark), pour transformer cette zone portuaire traditionnelle en un quartier intelligent. Tout a été pensé pour que ses habitants y vivent en parfaite harmonie, grâce à des solutions durables dédiées à l’énergie, à l’environnement, aux transports et au paysage urbain. Ce projet vise à créer à terme un quartier urbain durable qui pourra accueillir 40 000 nouveaux habitants et 40 000 bureaux, tout en tenant compte du développement durable, mais aussi de la qualité de vie. Une vision à laquelle Saint-Gobain participe dans toute la diversité de ses solutions (façades, murs intérieurs, isolants et plafonds Gyptone) au service de plusieurs projets dans le Nordhavn, comme par exemple le projet primé de la Copenhagen International School.

Nordhavn est conçu comme « la ville des 5 minutes ». Cela veut dire que tous les éléments de leur vie quotidienne (écoles, magasins, bureaux, lieux de culture…) se trouvent à 5 minutes de marche de n’importe quelle station de métro du quartier.

Par ailleurs, la ville de Copenhague dans son ensemble, et pas seulement le quartier de Nordhavn, aspire à devenir la première capitale mondiale à atteindre la neutralité carbone d’ici 2025. Une ambition sur laquelle est déjà largement positionné Nordhavn et qui multiplie dans cet objectif les types d’énergie renouvelables, notamment la géothermie pour le chauffage et la climatisation, et les cellules solaires pour l’électricité. Le quartier sera également doté prochainement d’un double système d’évacuation et d’une centrale d’aspiration des déchets. Cette stratégie a déjà fait ses preuves, puisque Nordhavn s’est vu récemment décerner le label écologique Or de la Société allemande pour la construction durable (DGNB).

Toutefois, on s’interroge sur le soutien que ce projet à long terme recevra de la part du gouvernement. Pour Søren Brøndum, Directeur exécutif chez Rambøll Construction Danemark,  « un tel développement à long terme exige l’engagement de l’ensemble de la classe politique. »

Un bel exemple de développement circulaire

Autre quartier circulaire en développement : la friche industrielle de Buiksloterham, en périphérie d’Amsterdam (Pays-Bas). Cette zone est devenue un living lab de développement circulaire urbain durable et intelligent, axé sur la biotechnologie.

Situé proche du centre-ville en ferry, le quartier de Buiksloterham associe l’utilisation intelligente des matériaux, le recyclage, les énergies renouvelables, la résilience au changement climatique et la mobilité durable à de nouveaux modèles économiques de production, de consommation, de distribution et de logistique. Ses résidents sont vivement encouragés à participer directement au nouveau processus de conception et de construction via les réseaux sociaux. 

L’application des principes de l’économie circulaire au sein de Buiksloterham a permis de stimuler l’économie locale et de transformer une ancienne zone industrielle en un quartier urbain attrayant, au sein duquel il est agréable de vivre et de travailler. Buiksloterham pourrait accueillir jusqu’à 6 500 personnes et 8 000 personnes devraient travailler à proximité.

Des objectifs réalisables

Ces deux quartiers se sont fixés des objectifs ambitieux en matière de développement durable et doivent donc respecter des normes spécifiques, dont certaines sont toujours en cours d’élaboration, pour faire valoir leurs mérites. Pour les atteindre, l’industrie de la construction devra innover plus rapidement et plus efficacement. Face à la demande croissante de la population en quête d’habitats et d’environnements professionnels plus viables, la construction durable prendra de plus en plus d’ampleur. Nordhavn et Buiksloterham prouvent que la rénovation urbaine durable est possible, mais une planification continue à long terme et des idées neuves seront nécessaires pour concrétiser cette ambition.



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