Les points de vente des centres-villes se réinventent

C’est une tendance de fond : de plus en plus de grandes enseignes commerciales réinvestissent le cœur des villes. Une tendance qui n’échappe pas au secteur de la construction. On fait le point sur ces city-stores qui apportent toujours plus de services et de proximité aux consommateurs.
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  • Des flagships durables et novateurs
Vers une économie servicielle
La force d’une ville ? C’est avant tout ses habitants, ses quartiers et ses commerces de proximité. Ainsi de nombreuses enseignes, jadis implantées en périphérie, reviennent « en ville » avec des points de vente à taille humaine et une offre basée sur la proximité et le conseil. Quels sont les atouts de ces « city-stores » ? Pourquoi cette (re)conquête urbaine ?

Le saviez-vous ?

Le secteur du bâtiment génère 40 % des déchets solides au niveau mondial*.

Aux Etats-Unis, 25 % des centres commerciaux pourraient mettre la clé sous la porte à l’horizon 2022. Symbole de l’hyperconsommation, les « malls » ont essaimé dans les années 1960, à la périphérie des mégalopoles. Désormais concurrencés par le e-commerce, ils voient leur fréquentation chuter, les clients préférant faire leurs achats en ligne ou près de chez eux. La situation n’est guère plus confortable en France. Champion d’Europe du nombre de centres commerciaux par habitant, l’Hexagone fait face aux mêmes difficultés… Ou presque. Car pour faire front, les grandes enseignes commerciales - notamment de matériaux et de bricolage – réinvestissent (ou réinventent) leurs points de vente de centre-ville. Pourquoi un tel revirement après des décennies de règne des malls et autres zones commerciales de périphérie ? Tout simplement pour offrir aux clients davantage de proximité et de services. Changement de stratégie donc : il ne s’agit plus de faire venir le client à soi, mais plutôt d’aller à sa rencontre, au plus près de son domicile ! 

Moins de bouchons, plus de services

C’est le cas à New York City (Etats-Unis), où des pop-up stores de bricolage (points de vente éphémères) pointent le bout de leurs établis pour séduire une clientèle plus jeune, plus urbaine au pouvoir d’achat plus élevé. Outre la proximité, ces points de vente en « format-pocket » séduisent par leur « look » plus moderne et leur facilité d’accès. 

En Espagne, c’est La Plataforma de la Construcción qui a conquis Barcelone avec des points de vente 100 % services, et une sélection de produits adaptés aux chantiers de proximité. A la clé pour les clients, un gain de temps, moins de stress… et moins d’empreinte carbone !

Son homologue française, La Plateforme du Bâtiment, mise quant à elle sur un format comptoir, avec des services comme le Click and Collect. Le principe est simple : l’artisan fait ses achats en ligne ou par téléphone et peut les retirer une heure après au Comptoir express. Plus besoin d’affronter les bouchons pour se rendre en périphérie… Un vrai gain de temps et une souplesse dans l’organisation, puisque le client peut choisir l’heure la plus propice pour récupérer ses achats. 

Des flagships durables et novateurs

Aux côtés de ces city-formats, d’autres modèles de commerces voient le jour en plein cœur des villes. Novateurs dans leurs offres, ludiques dans leur architecture, ces flagship (1) s’intègrent parfaitement dans le paysage urbain et dans la vie de quartier.

Installée en bord de Seine à Paris, l’agence POINT.P  Quai de Javel accompagne ce renouveau avec son architecture durable et ses services novateurs. Ici, les livraisons de matériaux se font en barge, s’il vous plaît ! Par ailleurs, lorsque le point de vente est fermé, l’enseigne ouvre ses espaces extérieurs et offre aux riverains une magnifique promenade. Le dimanche, les familles viennent ici pique-niquer ou se faire bronzer en profitant des bains de soleil mis à disposition par POINT.P.

Une économie servicielle

Unique en son genre, cet aménagement exemplaire reflète les nouvelles tendances en centre-ville. A la fois lieu de vie, de commerce et d’échanges, ce vaisseau amiral de POINT.P permet de redynamiser un quartier et de nourrir « un dialogue » avec les riverains et les clients, en proposant une vraie proximité et un service centré sur le conseil. Cette économie « servicielle » sert également de pierre angulaire à La Halle de Pantin (Porte de Pantin, à Paris). Entièrement dédiée à la construction, cette halle commerciale regroupe 9 spécialistes du bâtiment (2) et propose plus de 100 000 produits sur un seul et même site. Finis donc les aller-retours incessants pour approvisionner un chantier ! L’artisan trouve tous les matériaux sur place.

Plus près, plus simple, plus propre, « plus réel »

En capitalisant sur la proximité géographique et relationnelle, les grandes enseignes commerciales participent au dynamisme économique local et à la vie sociale. Elles créent aussi de « nouveaux modes de ville » plus durables, visant à limiter les déplacements en zones péri-urbaines.  Et moins de déplacements, c’est moins d’émissions de CO2. Reste à résoudre l’épineux problème de l’accessibilité en centre-ville. Certains points de vente misent d’ailleurs sur de nouveaux modes de livraison par vélo ou triporteur pour le dernier kilomètre (lire notre story « Transport des matériaux : en route vers le durable »)… Enfin, ces points de vente au plus près des clients réinjectent du « réel » dans un secteur qui s’est beaucoup digitalisé. Sur place, il est possible de toucher les produits, de constater le rendu des matériaux, de leur couleur… et ça c’est inestimable !

(1) Cedeo, Colelec, Decoceram, Hilti, Kiloutou, Plateforme du Bâtiment, SFIC

Crédits photos : Franck Dunouau, Lucie Jeudy, Saint-Gobain, Pierre-Yves Brunaud / Picturetank