Construire durable : ça veut dire quoi ?

Au cœur de la construction durable : la volonté de répondre aux enjeux du changement climatique et de la raréfaction des ressources, mais aussi de favoriser la santé et le bien-être des occupants.
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  • Une nouvelle approche pour bâtir la ville du futur
Les villes doivent se réinventer
D’un côté, une population mondiale en croissance et de plus en plus urbaine… De l’autre, une prise de conscience de l’énorme impact de la construction sur le climat, les ressources naturelles et la santé. Confrontée à de multiples enjeux, la Ville doit se réinventer pour offrir un meilleur cadre de vie aux générations futures. Oui mais comment ? En se tournant vers la construction durable !

Le saviez-vous ?

E+ C- : ce n’est pas une formule mathématique, mais un label français qui tient compte de l’empreinte carbone des bâtiments sur l’ensemble de leur cycle de vie.

Toitures et façades végétalisées, bâtiments bas carbone, immeubles à énergie positive produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment… Bienvenue dans l’habitat de demain ! Des logements vertueux, bioclimatiques, moins énergivores et beaucoup plus centrés sur l’occupant. C’est ce que l’on appelle la construction durable, et c’est un avenir qui se conjugue déjà au présent !

Il faut dire qu’en termes de développement durable, le secteur du bâtiment n’a pas toujours été un très bon élève ! Voyez plutôt : 42,2 millions de tonnes (Mt) de déchets produits en France chaque année, dont 31,5 Mt de déchets inertes (béton, brique...) et 9,7 Mt de déchets non dangereux (bois, plastiques, laines minérales…)(1). Or, en France, la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV) est très claire et ambitieuse : elle impose de nouvelles normes, dont la valorisation de 70 % des déchets non dangereux ou la promotion de l’économie circulaire. Idem au niveau européen, avec la directive cadre qui donne la priorité à la prévention des déchets et au recyclage, l’objectif étant « de prévenir et de réduire la production et la nocivité des déchets, en agissant sur la conception, la fabrication et la distribution des produits, et en favorisant le réemploi. »

« La construction durable est de plus en plus envisagée par les investisseurs et les développeurs immobiliers comme non seulement une source d’innovation répondant à de nouveaux besoins sur le marché mais aussi comme un investissement plus pérenne, présentant moins de risques à moyen et long termes, explique Pascal Eveillard. Outre l’efficacité énergétique et le confort des occupants et compte tenu de la durée de vie des bâtiments, ils doivent désormais apporter des réponses à des enjeux à plus long terme : changement climatique, épuisement des ressources naturelles (notamment de l’eau dans certaines régions), santé des occupants et préservation de la biodiversité. » 

Une nouvelle approche

Construire durable, c’est donc considérer l’ouvrage dans son ensemble, de la fabrication des matériaux à la déconstruction du bâtiment en fin de vie. Loin d’être un effet de mode, il s’agit plutôt d’une nouvelle approche, à la fois environnementale et sociétale, pour bâtir la ville du futur. Une ville raisonnée, tournée vers le Vivre Ensemble, le développement durable et la préservation de la biodiversité. Une Ville responsable, aux bâtiments vertueux, conçus pour consommer peu d’énergie, et qui mise sur le renouvelable (hydraulique, solaire, éolien, biomasse…) et non sur les ressources fossiles. C’est l’un des enjeux majeurs de la construction durable qui vise à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, responsables de 40 % de la consommation d’énergie à l’échelle mondiale !

Les trois maisons « Multi-Confort » de Myklebust en Norvège, entièrement construites par les enseignes Optimera et Dahl de Saint-Gobain en 2015. Crédit/ Copyright: (c)Saint-Gobain

Pour atteindre ces objectifs, le bâtiment doit être conçu dès son origine de manière efficiente. Cela suppose de nouvelles pratiques qui vont orienter toutes les actions de la chaîne de construction : fabrication des matériaux, design, production, exploitation des bâtiments… Objectif ? S’engager vers un monde Zéro Carbone et 100% circulaire, sans déchets ! « Penser durable, c’est en particulier se tourner vers des matériaux de construction recyclables ou réutilisables, avec une durée de vie longue, avec un contenu en matière recyclée ou renouvelable élevé, ayant une empreinte carbone réduite sur l’ensemble du cycle de vie, ne contenant et n’émettant pas de substances dangereuses ». 

Car on a tous à y gagner ! Au-delà de la performance énergétique et de la préservation des ressources, la construction durable contribue au bien-être des occupants, par la mise en œuvre de solutions contribuant au confort thermique, acoustique et visuel et par l’utilisation de matériaux n’émettant pas de substances dangereuses.

Innovation à tous les étages !

Pour relever le défi, les équipes Recherche & Développement des grands groupes du monde entier font souffler un vent d’innovation à tous les étages du bâtiment ! Tuile solaire développées par Tesla, plafond chauffant en argile créé par l’architecte Stilke Stevens, mini-éolienne O-Wind (une innovation primée au James Dyson Award) pour permettre aux locataires urbains de produire leur propre électricité… Au royaume des idées, les projets sont rois ! 

Et Saint-Gobain ne manque ni d’agilité ni d’audace pour imaginer de nouvelles solutions : vitrage chauffant, plâtre aimanté (British Gypsum), mortier-colle respectueux de l’environnement, vitrage électrochrome à teinte variable, ou encore revêtement mural visant à optimiser la qualité de l’air (Novelio CleanAir) ! 

« Nous nous inscrivons aussi pleinement dans la logique d’une économie plus circulaire. Par exemple, la laine de verre ISOVER contient jusqu’à 90% de verre recyclé ; le nouveau liant sans formaldéhyde est produit à partir de matières biosourcées ; en France une filière de recyclage des laines de verre issues de la déconstruction a été lancée en 2018 », souligne Pascal Eveillard. « Cette approche nous permet de limiter les prélèvements de matières premières, et de répondre ainsi à l’enjeu de la raréfaction des ressources. » 

Dans le même esprit, Placoplatre a développé une filière de valorisation des déchets de plaques de plâtre auprès des professionnels comme alternative à l’enfouissement des déchets. 

Matériaux allégés, contenus recyclés, bâtiments plus sains et moins gourmands en énergie… L’avenir de la construction se conjugue désormais en mode durable !

(1) Ademe