Construire au Moyen-Orient : enjeux brûlants et défis multiples

Imaginez… Le Qatar. Son désert. Sa moiteur en été. Ses températures frôlant les 50 degrés en été. Partout, des tours, des immeubles, des habitations… Comment ces bâtiments résistent-ils à de telles températures ? Quels sont leurs secrets de construction ? Voyage en terre aride.
Construction
Toutes les stories
  • Maisons traditionnelles et ville du futur
Vers une meilleure efficacité énergétique
Températures extrêmes, humidité maximale, tempêtes de sable, sol meuble et instable… La construction dans les pays chauds demande un savoir-faire inégalé pour faire face à ces contraintes climatiques et géologiques. De la conception des bâtiments au développement de matériaux spécifiques, tout doit être pensé en amont pour optimiser le frais, en limitant au maximum l’empreinte carbone.

Le saviez-vous ?

150 000, c’est le nombre de m2 de laine de verre Kimmco-Isover qui ont été utilisés pour isoler le tout nouveau Musée national du Qatar !

Vu du ciel, le Musée national du Qatar ressemble à une spectaculaire rose des sables, déployant ses 539 pétales sur la corniche de Doha. Inauguré le 28 mars dernier 2019, cette œuvre architecturale conçue par les Ateliers Jean Nouvel étonne par ses prouesses architecturales. Imaginez : 52 000 m2 d’espace dédié à l’art et l’artisanat qatari, 76 000 panneaux en béton fibré… et près de 900 tonnes de mortiers prêts à l’emploi, fourni par Weber Moyen-Orient !

Car au Qatar, comme dans toutes les zones désertiques, on ne construit pas de la même façon qu’à New York ou Paris ! En cause ? Les températures, qui flirtent allègrement avec les 40-50°C. Soumis à de telles conditions, les matériaux de construction doivent disposer de propriétés physiques exceptionnelles (flexibilité, respirabilité, etc.) afin de résister à ces chaleurs extrêmes. A cette problématique climatique s’ajoute celle du terrain. Dans les pays du Golfe, la nature du sol, composé notamment de sable, est loin d’être propice pour supporter de tels ouvrages. 

Casse-tête pour la R&D

C’est donc un vrai casse-tête pour les services R&D, qui redoublent d’innovation pour mettre au point des matériaux hors normes. Prenons le cas du béton. Dans les pays chauds, il durcit très vite et se détériore plus rapidement, sous l’action de l’environnement. D’où le recours à des produits novateurs, comme Epsilone, développé  localement par Weber Moyen-Orient, une nouvelle génération d’adjuvant qui, en plus de son état respectueux de l’environnement, renforce la performance et la durabilité du béton.

Autre cas d’école, les vitrages. Dans l’Arabie et les régions du Golfe en général, il est impératif que le verre offre une isolation thermique, sans quoi les températures intérieures monteraient en flèche. Conçu par Saint-Gobain, le verre électrochrome SageGlass® répond à cette problématique. Ses qualités ? Il se teinte électroniquement selon l’ensoleillement tout en offrant un confort visuel et thermique optimisé. A la clé, une vraie réduction de la consommation énergétique due à l’usage intensif de la climatisation. Car c’est là un des enjeux majeurs à relever. Dans ces mêmes régions, la demande en énergie ne cesse de croître. A eux seuls, les bâtiments consomment jusqu’à 80 % de l’électricité produite, essentiellement pour la climatisation. Par ailleurs, 70 % des immeubles résidentiels ont un défaut d’isolation thermique, par manque de normes réglementaires jusqu’en 2008, date à laquelle furent introduites les réglementations de construction durable aux Emirats Arabes Unis d’abord, puis dans les pays avoisinants.

Maisons traditionnelles et ville du futur

L’enjeu majeur est donc de limiter au maximum les consommations énergétiques et, dans cette optique, les constructions traditionnelles offrent des pistes de réflexion intéressantes. 

En effet, dans les pays chauds, les habitations anciennes sont toutes conçues pour permettre la régulation de la température. Petites fenêtres, moucharabieh, cour intérieure, tour éolienne… Autant d’astuces pour limiter l’ensoleillement et faciliter la circulation d’air. 

Mais comment appliquer ces méthodes à un environnement plus urbain ? Pour répondre à cette question, un petit tour à Masdar City (Abou Dhabi) s’impose. Construite en plein désert, cette ville du futur, où Saint-Gobain a largement contribué à sa construction par ses solutions innovantes et durables, fait cohabiter traditions architecturales et nouvelles technologies, avec ses panneaux photovoltaïques, sa tour éolienne et ses rues étroites favorisant les zones d’ombre et la circulation de l’air. 

Très prochainement, Masdar City abritera la toute première maison Multi Confort Saint-Gobain du Moyen-Orient. Véritable démonstrateur du savoir-faire du groupe, cette installation de 400 m2 entièrement adaptée au climat des pays chauds, sera conçue comme un centre d’expériences et un espace de formation aux solutions Saint-Gobain à l’attention des professionnels. 

Parmi les innovations qui seront appliquées, une solution d’isolation thermique par l’extérieur - conçue par Saint-Gobain Weber - s’inspirant des murs massifs traditionnels, ou encore les verres à teinte variable, qui rappellent les moucharabiehs filtrant la lumière, ainsi que le système innovant de façade Saint-Gobain Gyproc (GLASROC X). 

Pendant ce temps, en Arabie Saoudite, un autre défi architectural et énergétique se profile : la Jeddah Tower, qui culminera à un kilomètre au-dessus du sol, dépassant ainsi la Burj Khalifa dans la course aux gratte-ciels les plus hauts du monde.

Crédits photos : Shutterstock