HOME : DANS UNE PRODUCTION LOCALE ET RESPECTUEUSE DE L’ENVIRONNEMENT

Construire un monde plus durable, c’est veiller à consommer moins de ressources, et les entreprises ont un rôle fondamental à jouer dans cet effort collectif. Cela signifie changer notre manière de concevoir, produire et distribuer nos produits et solutions, qu'il s'agisse de "mieux" produire (industrie 4.0, data), d'utiliser et de favoriser le recyclage des matériaux, ou de veiller à préserver l’environnement des sites de production. Tour d’horizon des solutions qui commencent à changer la donne. 

De quoi parle-t-on ?

Cristina Gamboa, CEO du World Green Building Council

« Les entreprises et les industries qui adoptent des approches durables ne créent pas seulement un avantage concurrentiel, elles deviennent également une partie de la solution. » par Cristina Gamboa, PDG du World Green Building Council.

« Le secteur de la construction a un impact significatif sur notre environnement et la qualité de vie de millions de personnes dans le monde. A travers lui, nous avons une gigantesque opportunité de relever les défis les plus urgents : les entreprises et les industries qui adoptent des approches durables, non seulement créent un avantage concurrentiel, mais font également partie de la solution pour répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés en tant qu'espèce. Le 1er septembre 2020, le réseau World Green Building Council a lancé Des bâtiments durables pour tous, partout, une nouvelle stratégie. Après une consultation mondiale avec nos Green Building Councils, nos partenaires - et en utilisant comme cadre les objectifs de développement durable de l'Organisation des Nations Unies - nous avons identifié trois domaines d'impact : l'action climatique, la santé et le bien-être, et les ressources et la circularité. Dans ces domaines, nous avons défini une série d'objectifs pour 2030 et 2050. Ils concernent aussi bien l’empreinte carbone et le zéro émission net, que l’accès à un logement de qualité pour tous, la réduction (ou l'élimination) de la pollution de l'air, des sols et de l'eau, et la gestion durable et efficace des ressources naturelles. D'ici 2050, nous souhaitons le développement d’un urbanisme durable qui favorise la mise en place de communautés saines, équitables et résilientes. Nous travaillons aussi à ce que le secteur de la construction n’épuise plus les ressources naturelles, et adopte une attitude régénératrice, en travaillant à la restauration des ressources et des systèmes naturels grâce à la mise en place d’une économie circulaire prospère.





« Advancing Net Zero » est notre projet mondial visant à accélérer l'adoption des bâtiments neutres en carbone à 100% d'ici 2050. L'engagement « Net Zero Carbon Buildings » (qui compte actuellement 110 signataires dont Saint-Gobain) met les entreprises, les organisations, les villes, les États et les régions au défi d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2030, et de plaider pour que tous les bâtiments soient « zéro émission net » d'ici 2050. Notre projet mondial « Better Places for People » a pour objectif que le secteur de la construction n’ait plus aucune responsabilité dans les crises sanitaires mondiales comme la pollution de l'air. Il vise également à opérer une sensibilisation accrue sur le sujet, et à prouver, via des « business cases » que ces bâtiments durables et sains sont rentables. Nous avons récemment lancé un Health & Wellbeing Framework, qui édicte un ensemble de principes permettant de faire avancer cette stratégie. Notre réseau régional Europe favorise l’accélération de l’économie circulaire dans le secteur du bâtiment et de la construction : au cours des six dernières années, notre réseau régional Europe a travaillé avec la Commission européenne pour développer Level(s), le premier outil régional destiné à suivre les performances des bâtiments sur l’ensemble de leur cycle de vie. En 2020, grâce à une nouvelle campagne appelée #BuildingLife, nous espérons convaincre toujours plus d’entreprises et de membres de la sphère politique européennes, de soutenir  Level(s). »

Saint-Gobain et le World Green Building Council : le Groupe est partenaire du Réseau régional Europe, sponsor de Better Places for People et membre du Corporate Advisory Board.





A l'heure où l'industrie de la construction se mobilise, l'industrie 4.0 - cette nouvelle révolution industrielle de la data - s'impose comme un atout majeur pour mieux analyser, contrôler et donc utiliser plus efficacement les ressources à toutes les étapes du processus.



Et demain ?

« Pour concilier performance et économie de ressources, l’industrie doit miser sur l’humain » 

  

« L’industrie 4.0 combine l’intelligence humaine, la puissance des algorithmes et la « mine d’informations » que représentent les données. Sa principale caractéristique ? Utiliser la data pour résoudre les problèmes de façon plus rapide et plus efficace. Grâce à elles, les modes de production évoluent et consomment moins de ressources, que ce soit l’électricité ou le gaz - une usine Saint-Gobain en Pologne a diminué sa consommation de 11 %, par exemple - ou les matières premières, sans réduire le volume ou la qualité de production. 

La data impacte aussi positivement les processus de production : chez Saint-Gobain, nous sommes ainsi parvenus à réduire de 50 % la durée des phases de changement de production sur certaines de nos lignes. Et cela va plus loin : en améliorant sans cesse la performance, il y a moins de produits défectueux, et donc, moins de déchets et de rejets. Concernant les déchets, la data permet aussi de garantir la traçabilité de leur composition et donc, de mieux les recycler. 




Dans un Groupe implanté partout dans le monde, les enjeux varient dans chaque pays, chaque usine, chaque équipe. Or, sans connaissance du terrain, sans expertise précise d’une ligne ou d’un métier, les données ne suffisent pas : c’est l’humain qui leur donne un sens. Il s’agit donc d’investir, d’abord, sur les hommes, en mettant la data à leur service, et non l’inverse. C’est la raison d’être du programme de transformation « Data and Analytics (DnA) Academy de Saint-Gobain » : rendre l’usage de la data accessible à tous. En dispensant des formations et du coaching à tous nos collaborateurs, elle leur permet de gagner en autonomie et d’atteindre leurs objectifs locaux. Et ça marche : un nombre croissant de nos équipes nous demandent à en bénéficier. C’est ce coefficient multiplicateur et ce « réflexe data » dans toutes les équipes qui nous permettront d’atteindre nos objectifs environnementaux, tout en poursuivant notre croissance. » 




Réduire les ressources utilisées, c’est aussi, parfois, changer de sources d’approvisionnement, et considérer les déchets comme une nouvelle ressource à exploiter pour produire de nouveaux matériaux de construction. Pour cela, il s’agit de réviser, collectivement, notre approche du cycle de vie du produit et de construire de nouveaux marchés.



Ils l'ont fait

« Grâce à l’upcycling, les secteurs des déchets et de la construction peuvent s’allier pour ouvrir des opportunités de changement positif majeur. » 



De quelle expérience découlent votre vocation et votre activité ?

Au début des années 2000, j’ai effectué un stage aux États-Unis, pendant lequel j’ai géré des projets de nettoyage et de reconstruction après le passage d’ouragans, le long de la côte sud-est du pays. Cela m’a permis de voir de l’intérieur le secteur américain de la construction. J’ai constaté qu’un grand nombre de matériaux traditionnels n’étaient pas suffisamment performants pour protéger les investissements les plus précieux des habitants. En 2008, j’ai cofondé une start-up et au fil des années, je me suis rendu compte que le secteur de la construction était l’un des rares, si ce n’est le seul, à avoir le potentiel d’absorber une énorme partie des déchets produits par l’activité humaine.

 

Comment ces matières nouvelle génération sont-elles sourcées, produites et commercialisées à l’échelle locale ?

Les matériaux de départ sont récupérés grâce aux programmes de recyclage menés par les industriels et les communes. Ils sont triés par des centres locaux de tri de déchets, achetés, puis transformés par des fabricants, de préférence locaux, et revendus aux entreprises de BTP des environs. Il est logique de mettre en lien ces filières et leurs infrastructures, et d’évoluer vers des sociétés qui transforment les déchets collectés sur un territoire en matériaux de construction qui seront utilisés sur le même territoire. Il suffit d’innover, de faire évoluer la façon dont nous considérons et traitons les matériaux jetés. Nous pouvons ensuite exploiter les propriétés de ces matières sûres, conçues avec intelligence.



Comment impliquez-vous toutes les parties prenantes dans le cycle de vie des produits ?

La clé est de mobiliser et d’inclure tous les acteurs du cycle de vie d’un produit dans sa solution de fin de vie. L’alliance des secteurs des déchets et de la construction ouvre des opportunités de changement positif majeur, faciles à comprendre et relativement faciles à mettre en place. Reprenons l’exemple des briques en carton. Tous les ans, des millions de tonnes de ces emballages pour boissons entrent dans nos flux de déchets. Transformez-les en matériaux de construction sains, et ces grandes entreprises pourront désormais économiser de l’argent, se rapprocher de leurs objectifs zéro déchet et développer leur participation à l’économie circulaire en construisant leurs bureaux, usines, centres de distribution et points de vente à partir des déchets qu’elles produisent.



Quelles sont les prochaines étapes ? Les raisons de garder espoir en l’avenir ?

Désormais, l’économie circulaire figure dans la plupart des programmes de développement durable, dont le Plan d’action pour l’économie circulaire de l’Union Européenne. Les secteurs publics et à but non lucratif y participent déjà. Ils offrent un soutien structurel, législatif et financier au secteur privé, pour lui permettre d’agir. L’économie circulaire porte en elle un réel élan et de nombreuses opportunités. Si des industries tout entières travaillent main dans la main pour transformer les problèmes d’aujourd’hui en réussites de demain, tous les espoirs sont permis.





La mise en place de cercles vertueux s’applique aussi aux sites de production, grâce à des systèmes de récupération et de réutilisation de l’eau ou de la chaleur, par exemple.



En images



Produire différemment, c’est aussi prendre en compte l’environnement de chaque site, en veillant à préserver la qualité de vie des habitants et des salariés.



Lumière sur

"Une usine dans la forêt"

En réintroduisant la nature dans la ville, le World Glass Complex avait pour objectif de favoriser la santé et le bien être des salariés et des communautés locales. Les bénéfices sont nombreux : la création de cette forêt a permis de réduire les nuisances sonores, de capturer le CO2, d’abaisser la température de plusieurs degrés, et de préserver les sols de l’érosion. Alimentée par l’un des plus grands réservoirs d’eau de pluie d’Asie, elle offre également un habitat à de nombreux oiseaux, et plus globalement à la faune et la flore locales. 

Mahaboob Subani Shaik, Team Member, Saint-Gobain Glass en Inde nous raconte cet incroyable projet.

Une forêt dans une usine à Chennai, en Inde