Le vitrage en route vers la neutralité carbone

Les transports représentent un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont 74% sont attribuées au transport routier.  Saint-Gobain Glass Logistics œuvre, grâce à différentes solutions, pour diminuer l’empreinte environnementale du transport des vitrages. Découvrez comment.

Environ 60 millions de kilomètres, dont 40 % à vide, sont parcourus en Europe chaque année par les Inloaders (camions contenant des chevalets pour le transport de verre plat) de Saint-Gobain Glass Logistics (SGGL), le commissionnaire de transport intégré de Saint-Gobain Glass. Afin de répondre à l’objectif de neutralité carbone du Groupe d’ici 2050, il était impératif de trouver des solutions pour à la fois optimiser le transport du vitrage, mais aussi implanter des modes de transports plus propres.

Optimiser la logistique

L’objectif premier de SGGL est de diminuer les trajets à vide des Inloaders. Pour ce faire, plusieurs mesures ont d’ores et déjà été mises en place. La première a naturellement été de réorganiser le positionnement des flottes de camions au pied des usines de façon plus optimale et de mieux ordonnancer les opérations. En partenariat avec les équipes Supply-Chain, un projet de meilleur lissage des commandes de cessions de vitrage (inter-usines) est en cours et impactera positivement le nombre de kilomètres à vide. Ensuite, pour éviter le retour à vide, les camions chargent du calcin pour leur retour vers les sites de production, en utilisant des « big bags » (grands sacs transportant le calcin) ou des conteneurs. A elles seules ces quelques initiatives ont évité 150 000 km de trajets à vide.  
Par ailleurs, la digitalisation avance à grand pas dans tous les secteurs, y compris dans celui du transport routier de marchandises. Chez SGGL, un TMS (Transport Management System) performant, le déploiement de la E-CMR (dématérialisation des bons de transports), mais également l’utilisation d’un outil de Track & Trace et de suivi des émissions de CO2 en temps réel, sont autant d’atouts pour une gestion optimisée des transports et un meilleur service client.

Développer de nouveaux modes de transports

Si on parle beaucoup de transport multimodal pour les personnes, il existe aussi pour celui des matériaux. Il facilite en effet le transfert des échanges dans le monde tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Marier la route et le rail réduit ainsi en moyenne les émissions de CO2 de 80 % par rapport à un transport uniquement par la route. Inloaders et Tautliners embarqués sur rails devraient ainsi pouvoir diminuer de 3 millions de kilomètres par an les transports de Saint-Gobain Glass Logistics (des projets de l’Allemagne vers l’Autriche ou la Turquie sont actuellement à l’étude).
Autre solution : le Transloader. Cette remorque hybride permet de transporter du verre à l’aller et du fret conventionnel au retour. S’il présente des contraintes (notamment dans les opérations de chargement et déchargement, limité aux longues distances…), il reste une option considérée sur quelques lignes non optimisées en partenariat avec les transporteurs historiques de SGGL. Et son impact CO2 est de 100% puisqu’il évite les retours à vide.
Autre levier pour rouler plus propre : les camions au Bio-GNL (gaz naturel liquéfié biologique). Ils ont pour avantage de réduire de 15 % en moyenne les émissions de CO2 par rapport à un transport au diesel, et de 95 % les émissions de particules fines ! Aujourd’hui SGGL ne dispose que d’un camion de ce genre, mais en comptera 8 d’ici fin 2021.
En France, le B100 (bio-carburant à base d’huile de colza) est capable de réduire de 60 % les émissions de CO2 versus le diesel. Mais les stations publiques ne disposant pas de ce carburant, SGGL envisage l’installation de cuves dans les usines ou chez les transporteurs partenaires, ce qui devrait permettre un déploiement de ce mode de transport sur l’ensemble du marché français d’ici la fin de cette année.
Minimiser les émissions de gaz des transports passe enfin par un renouvellement de la flotte de tracteurs pour une génération de transports plus propres qui, à horizon fin 2021, réduira de 10 % les émissions de CO2.

Enfin, le transport ferroviaire via la "nouvelle route de la soie" est particulièrement intéressant pour les flux Europe-Asie. SGGL a initié ce type de livraison au départ de l’Allemagne et à destination de la Chine. Plus rapide que le fret maritime (qui est de 15 jours en moyenne), moins cher que le fret aérien, facile à programmer et fiable, ce type de transport est également plus écologique (10% de gain sur les émissions de CO2). Il devrait très prochainement se développer au départ de la France, notamment du fait d’un fret maritime sous tension (envolée des prix (+ 150% sur un an au dernier trimestre 2020), pénurie de conteneurs, délais fortement allongés).

Mettre en place un transport de matériaux économique et moins polluant ne réside donc pas en une seule solution mais en l’association de plusieurs. Une route à suivre donc !