Quand l’industrie challenge l’industrie

Face à l’exigence environnementale, les industriels prennent les rênes de l’innovation et challengent leurs propres clients. De l’anticipation des tendances à la création de nouveaux produits, ils bousculent les codes et construisent le monde de demain.

Vers un avenir durable et responsable

Dix milliards d’êtres humains en 2050… et autant de défis écologiques, démographiques et de raréfaction des ressources à relever. Que faire en attendant : attendre ou anticiper ? Certains industriels ont vite tranché. Pleinement engagés dans la neutralité carbone, ils ont pris les devants, allant jusqu’à challenger leurs propres clients en déroulant des projets porteurs de valeur. L’industrie, moteur de croissance durable et actrice de notre avenir ? Mille fois oui. 

Penser plusieurs coups d’avance

Face aux grands enjeux du XXIème siècle, les industriels s’inspirent du jeu d’échecs pour innover. En fins stratèges, ils savent que pour remporter la partie, mieux vaut avoir plusieurs coups d’avance. Si en plus, ils maîtrisent leur environnement et leurs ressources, l’avancée n’en sera que plus rapide. 

A l’échelle de l’industrie, les actions tactiques reposent sur de nombreux pions : décarboner, valoriser et recycler, préserver les ressources... La marge de manœuvre étant grande, les industriels restent attentifs aux marchés pour anticiper les tendances. Puis embarquer avec eux toutes leurs parties prenantes. 

Parmi les grands enjeux identifiés, la neutralité carbone à l’horizon 2050 leur sert de pont créatif. 

Anticiper les tendances

SEFPRO, spécialiste des solutions réfractaires pour l’industrie du verre, se prépare justement à ce monde d’après. Cette filiale du Groupe Saint-Gobain a clairement identifié les nouveaux défis de ses clients verriers, soumis à de fortes contraintes environnementales. Pour réussir leur transition technologique, le choix est binaire : il passera forcément par de nouveaux matériaux et/ou de nouveaux procédés de fusion. « Nous n’avons pas attendu qu’ils nous exposent leurs besoins, car nous suivons de près toutes les évolutions du marché, » détaille Michel Gaubil, qui est le Directeur de l'ingénierie des solutions réfractaires de SEFPRO. Cette parfaite connaissance des matériaux et du secteur a déjà permis à l’entreprise d’augmenter la performance thermique des fours à régénérateur par la mise au point de matériaux en céramique : les cruciformes. C’est dans ces fours ultra-performants que se réalise le processus de fusion et d’élaboration du verre.  A la clé, une amélioration notable de la consommation énergétique et une diminution des émissions de CO2. De quoi satisfaire les verriers, engagés de leur côté dans le développement durable. Mais ça ne s’arrête pas là. Les équipes de Recherche et Développement continuent à réfléchir aux réfractaires de demain qui devront allier durabilité, performance et résistance. « Parmi les matériaux en zircone électrofondus développés pour les verres fondus à haute température, nous étudions les propriétés du xilec, un matériau réfractaire développé par SEFPRO, qui pourrait jouer un rôle majeur dans la fusion électrique du verre. Cette technologie en devenir est une piste prometteuse pour limiter les émissions de CO2. » Et elle devrait répondre aux nouvelles attentes des clients verriers, en quête de développement durable.

Vers la décarbonation

De nouveaux matériaux, bas carbone, d’une grande sobriété énergétique… C’est plus que séduisant pour les clients industriels, souvent coincés entre le marteau du climat et l’enclume de l’environnement. Au Brésil, Saint-Gobain Performance Ceramics & Refractories, une BU du Groupe, s’est, elle aussi, penchée sur la fabrication de réfractaires, destinés cette fois aux producteurs d’acier. Une industrie jugée polluante, puisqu’elle génère 8 % des émissions liées à la consommation de combustibles fossiles. Carton plein. Grâce à la mise au point de réfractaires qui ne génèrent aucune émission de CO2, les aciéristes fabriquent désormais de l’acier plus respectueux de l’environnement. Et cerise sur « le matériau », ils optimisent leur ligne de production et réalisent des économies d’énergie. Simple et efficace. 

Initiatives dans le secteur du bâtiment…

Les initiatives se multiplient aussi dans le bâtiment, qui met en pratique le « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » cher à Antoine Lavoisier. Tourné vers la conception circulaire, le secteur de la construction avance à grandes enjambées. Ressources, fabrication, déchets, recyclage : le secteur tient compte désormais de l’ensemble du cycle de vie du bâti. Et les bonnes pratiques essaiment partout dans le monde. À Abu Dhabi, Gyproc sensibilise désormais ses clients au recyclage de ses plaques de plâtre sur les chantiers. Une initiative qui déclenche en cascade de nouvelles pratiques plus vertueuses, et qui développe une véritable culture environnementale auprès des clients et des architectes. En Allemagne, c’est ISOVER qui montre la voie, avec son nouveau service de récupération des chutes de matériaux sur chantier (par exemple les panneaux pour les systèmes d’isolation par l’extérieur) qui, lorsqu’ils n’ont pas été mélangés avec d’autres matériaux, peuvent être recyclés dans l’usine de production initiale. En parallèle, la même filiale propose à ses clients depuis janvier, un système de tri écologique par la reprise gratuite de palettes. Plus responsables, ces nouveaux procédés mettent au défi toutes les parties prenantes – industriels, fournisseurs, partenaires. Avec une volonté assumée : celle de gagner en agilité et en performance, mais aussi d’apporter une réponse concrète face aux enjeux de transition énergétique.

En route vers le futur, les industriels se mettent en ordre de marche pour intensifier les bonnes pratiques dans de nombreux domaines tels que l’optimisation énergétique, l’économie de matière, la valorisation des déchets, ou la réduction des rejets. Dans leur sillon, les clients ou partenaires profitent de cet élan pour optimiser leurs procédés et innover. Une démarche « gagnant-gagnant » qui préfigure le monde de demain.




Crédits photos : Gorodenkoff/Shutterstock ; Gorodenkoff/Shutterstock

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